
Une boule de bain, ou bombe de bain, est un produit cosmétique effervescent qui se dissout dans l'eau du bain en libérant parfums, couleurs et agents hydratants.
Sa composition repose sur deux ingrédients : le bicarbonate de sodium et l'acide citrique. À sec, ils cohabitent sans réagir. Au contact de l'eau, l'acide libère des ions qui réagissent avec le bicarbonate et produisent du gaz carbonique, d'où l'effervescence et le bruit caractéristique.
À ces deux composants s'ajoutent des huiles végétales ou des beurres, des huiles essentielles ou des parfums, des colorants, et parfois un agent moussant ou un amidon qui ralentit la dissolution.
C'est cette réaction, purement physico-chimique, qui libère les parfums et les couleurs et transforme le bain en moment de détente.
Un moment de détente, d'abord : l'effervescence procure une sensation agréable, et le bain chaud lui-même a un effet relaxant documenté sur la tension musculaire et l'endormissement.
Un soin pour la peau, ensuite, lorsque la formule contient des corps gras, huiles végétales, beurre de karité, qui laissent un film protecteur après le bain. C'est ce qui distingue une bonne formule d'une simple poudre effervescente parfumée.
Et une dimension aromatique, les huiles essentielles diffusant dans la vapeur d'eau.
Il faut rester mesuré sur ce dernier point : l'aromathérapie par le bain n'a pas d'effet thérapeutique démontré au-delà du bien-être ressenti, qui est déjà une bonne raison.
Elles méritent d'être connues, car ces produits sont perçus comme anodins.
Les huiles essentielles sont des extraits très concentrés. Plusieurs sont allergisantes ou irritantes, certaines sont photosensibilisantes, et la plupart sont déconseillées chez la femme enceinte, le nourrisson et le jeune enfant. Une bombe de bain destinée aux enfants ne devrait pas en contenir, ou seulement à très faible dose.
Les colorants peuvent tacher une baignoire ancienne ou poreuse, et les paillettes plastiques posent un problème environnemental, plusieurs fabricants les ont remplacées par des alternatives biodégradables.
Les corps gras rendent la baignoire glissante : c'est la cause d'accident la plus concrète, en particulier pour les personnes âgées.
Enfin, en cas de peau sensible, d'eczéma ou d'irritation intime, il vaut mieux s'abstenir : les tensioactifs et les parfums figurent parmi les causes fréquentes d'irritation.
La recette de base tient en quatre ingrédients : deux parts de bicarbonate de sodium, une part d'acide citrique, une part de fécule de maïs, et un corps gras en petite quantité.
Le point délicat est l'humidification : il faut juste assez d'eau ou d'alcool pulvérisé pour que le mélange s'agglomère, et pas assez pour déclencher la réaction. On mélange à la main, on vaporise très légèrement, on presse dans un moule, et on laisse sécher 24 heures dans un endroit sec.
Les deux erreurs classiques : trop d'eau, qui fait « lever » la boule et la rend inerte ; et un séchage dans une salle de bains humide, qui produit le même résultat.
Une précision réglementaire : un produit cosmétique fabriqué pour soi-même n'est soumis à aucune obligation, mais dès qu'il est vendu ou même offert dans un cadre commercial, il relève du règlement européen sur les cosmétiques, dossier d'information produit, évaluation de la sécurité par une personne qualifiée, étiquetage complet et déclaration au portail européen.
À l'abri de l'humidité et de la lumière, dans un contenant hermétique. Une bombe de bain conservée dans une salle de bains perd son effervescence en quelques semaines : l'humidité de l'air suffit à amorcer lentement la réaction.
Les produits du commerce portent une durée d'utilisation optimale et, une fois ouverts, une période d'utilisation après ouverture. Les parfums et les huiles s'oxydent avec le temps, ce qui peut rendre le produit irritant bien avant qu'il ne cesse de mousser.